Témoignage

Du Mali à la France : découvrez le fabuleux destin de "Madame" Keita

Publie le : 3 novembre 2015
Texte présentation

La Résidence Sociale de Thiais (94), gérée par la Fondation de l’Armée du Salut, accueille dans 46 logements des femmes en difficulté avec ou sans enfants. Elles y bénéficient d’un accompagnement social pour qu’elles puissent ensuite réaliser leurs rêves. D’origine Malienne, Madame Keita, 39 ans, est arrivée en 2014 à Thiais, après avoir connu plusieurs centres d’accueil, elle a trouvé aujourd’hui un logement. « Son logement » où elle vivra avec sa fille de 9 ans. Témoignage.

« L’Armée du Salut est un paradis pour moi et ma fille, Anaïs L’Armée du Salut m’a sortie de la rue pour me mettre à l’abri. Quand je suis arrivée dans cette résidence j’ai pleuré car je me suis dit qu’enfin je pouvais vivre tranquillement. Avant je vivais au Mali, j’ai été mariée très tôt : à 14 ans. A 21 ans, j’ai eu mon premier enfant. Mon mari était polygame, j’étais sa deuxième femme. En 2004, j’ai demandé le divorce et dans la foulée j’ai obtenu un visa pour venir en France. Je suis venue ici par l’intermédiaire de ma sœur, qui vit en France, mais aussi grâce à mes économies via mon travail de couturière. Ma sœur m’a accueillie mais elle m’a traitée comme sa domestique.

Le long parcours de combattante

En 2005, j’ai donc quitté sa maison pour aller dans un logement privé à Maisons-Alfort mais le propriétaire a voulu récupérer son appartement pour loger son fils. La même année, j’ai rencontré le père de ma fille. Anaïs est née en 2006. Pendant cette période, j’ai transité par plusieurs foyers : je vivais toute seule sans mon compagnon après avoir quitté Maisons-Alfort, je suis partie à Orly toujours dans le privé mais c’était trop cher (880 euros), après avec ma fille nous sommes allées dans un foyer à Vitry, puis le centre maternel puis la Résidence Sociale de Thiais,en 2014. Ici j’ai pu me reposer, la résidence sociale de l’armée du salut était le seul foyer où j’ai pu avoir ma propre cuisine et une chambre, pas d’horaire d’entrée ou de sortie à respecter.

Ma fille Anaïs, qui a 8 ans est pleinement intégrée dans la vie de la Résidence. Elle a droit d’une aide aux devoirs, les travailleurs sociaux m’ont beaucoup aidé pour trouver un logement, à préparer un entretien d’embauche, à lire mes courriers et à remplir les dossiers administratifs.

Pour nourrir ma fille, je travaillais comme aide à domicile. J’enchaînais les CDD d’agent d’entretien à la RATP, à l’hôpital intercommunal… Puis j’ai décroché un CDI à l’hôpital de Clamart, en 2013. Clamart n’est pas la porte d’à côté, je me lève tous les matins à 5 heures pour préparer ma fille et ensuite la déposer à l’école avant d’aller travailler.

Un nouveau chapitre, un nouveau logement

Mais maintenant je n’aurai plus à me lever si tôt tous les jours. Car après douze mois de recherche, l’accompagnement au logement dont je bénéficiais à la Résidence a porté ses fruits : j’ai signé un bail. Je vais désormais habiter dans un 3 pièces à Clamart, je vais me rapprocher de mon lieu de travail.

Maintenant, un nouveau chapitre de ma vie va commencer, je vais partir d’ici pour que les autres femmes qui sont en difficulté puissent venir vivre à la Résidence sociale. »

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